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Interview réalisé par DAMIEN DHONDT
Comment définir l’histoire des « Terres animales » ?
C’est une histoire d’amitié. Ce sont deux couples et une 5e personne qui décident de continuer à vivre dans un endroit où ils ne devraient plus vivre, parce que l’endroit devient impropre à la vie. Ces cinq-là décident de rester. Dans cette histoire d’amitié je regarde deux couples se comporter avec l’amour au sein de chaque couple et puis avec une espèce d’attirance que chaque couple a pour l’autre. Il y a un côté assez trouble à cela sur l’attraction vis à vis des autres. Il y a aussi le cinquième larron qui se balade au milieu des autres.
Comment avez-vous eu l’idée de ce roman ?
C’est une histoire que j’ai écrite en deux temps. J’ai écrit un premier livre, qui n’a rien à voir avec « Les Terres animales », qui s’appelait « Les Grands lacs ». Cela se passait à Chicago et le roman racontait un week-end entre cinq amis, un week-end un peu rituel. D’habitude, ils allaient à New York, cette fois-ci, ils vont à Chicago. On a l’impression qu’ils vont se dire des choses assez difficiles pendant ce week-end. Ils ont le sentiment que ce ne sera pas un week-end comme ceux qu’ils ont pu vivre auparavant. C’est un livre que j’ai écrit avec beaucoup de plaisir parce que j’aimais bien explorer cette relation. Je l’ai envoyé à mon éditeur qui n’était pas sûr que cela plaise.
Cela fait partie de la règle du jeu. Je suis passé à totalement autre chose et j’ai entendu une émission de radio sur des personnes âgées qui veulent rester à tout prix à Fukushima. Il s’est alors passé quelque chose d’incroyable. J’ai su que cette histoire d’amitié ce n’est pas à Chicago que je vais la situer, c’est dans ces « terres animales », dans une zone qui a connu trois ans auparavant un accident de centrale nucléaire, une zone radioactive à l’image de Fukushima. Ces cinq amis, je vais les mettre là. Ce n’est plus du tout la même histoire. Ce ne sont pas les mêmes personnages. Mais j’en ai conservé deux assez semblables : le personnage de Lorna que j’aime beaucoup et celui du cinquième larron.
Le choix du lieu d’habitation est surprenant pour un observateur extérieur.
Fred et Sara restent parce que leur petite fille n’a vécu que là et elle repose là. Les trois autres amis, sont solidaires de ce couple, mais ils restent aussi par défi. Ils ont mené cette espèce de combat contre les autorités pour avoir le droit de rester et à un moment donné, ils se sont laissé embringuer dans cette logique-là. Assez rapidement, ils ont vu les « bénéfices » qu’il pouvait y avoir à rester sur cette terre. Il y a une foule de contraintes et pas des moindres, dont un sérieux risque pour leur santé. Mais il y a un certain nombre d’avantages qu’ils peuvent retirer de cette expérience et assez rapidement cela devient un non-sujet. Cette terre n’est plus approvisionnée. Ils vivent des maisons qui ont été abandonnées, des stocks de nourriture abandonnés et ils estiment qu’ils ont raisonnablement de quoi vivre pendant au moins trois ans. C’est l’espèce d’horizon-temps qu’ils se fixent. Ils ne veulent pas réfléchir plus loin. Au fond d’eux-mêmes, je pense qu’ils sont persuadés qu’ils peuvent rester un peu plus longtemps. Ces cinq-là ne sont pas complètement seuls. Il y a d’autres qui sont restés. Il y a des personnes âgées dans un autre village qui n’est pas très loin. Eux, ils ne craignent plus la maladie et craignent d’être complètement dépossédés de leur maison. C’est un risque qu’ils prennent et qu’ils acceptent. Et puis un autre groupe de personnes est présent. Ce sont des immigrés qui ont participé aux travaux de démantèlement de la centrale, qui ont participé aux travaux les plus ingrats, les plus dangereux et qui eux se disent : on reste sur cette zone !
Pour inclure ce groupe dans cette histoire, j’ai sacrifié un livre. Ce sont des Ouzbeks. Plusieurs ouvrages sont parus récemment avec des Ouzbeks. Il existe un très beau livre qui s’appelle « Le principe de réalité ouzbek » (1) qui est sorti en 2022. C’est l’histoire d’une prof qui voulait absolument être mutée là-bas. C’est une longue lettre qu’elle écrit à l’académie pour être mutée en l’Ouzbékistan.
J’avais une idée de livre qui était née de mes balades en France où je fais les promotions de mes bouquins. Il y a des villages, de petites villes qui sont adorables et où la situation est infernale avec les écoles qui ferment les unes après les autres. Cela crée un cercle totalement vicieux. Les écoles fermant les jeunes parents se disent qu’ils ne peuvent plus rester là. Plus ça se sauve plus l’activité devient morte et évidemment moins il y a d’enfants, moins il y a de classes, etc. Je me suis dit : un jour, j’écrirai un bouquin où il y a un groupe d’immigrés qui va arriver dans un de ces villages. Ce serait une initiative du gouvernement, sans trop demander l’avis des locaux. Ce livre montrerait l’engrenage à nouveau positif que cela crée. Ces immigrés avec leurs enfants permettent de maintenir une classe et cela reconstruit la spirale dans le sens vertueux des choses. C’est un bouquin que j’avais en tête. J’avais besoin d’eux de ces Ouzbeks parce que mes cinq, ils ne sont pas parfaits en étant des héros et mes Ouzbeks servent à le démontrer. Quand ils vont arriver, les Ouzbeks vont demander à s’installer et les cinq ne vont pas dire « mais bien sûr » alors qu’ils sont sur des terres qui n’appartiennent plus à personne. Il va y avoir cette scène où ils se regardent un peu de biais. Ils hésitent énormément. Cette scène-là montrait en fait qu’on à affaire à des gens comme tout le monde avec nos belles idées et parfois nos mesquineries et nos peurs. Cela servait à camper une situation un peu normale. Et puis après les Ouzbeks ont un rôle très important dans cette histoire, presque de fil rouge sur cette histoire.
Comment s’est déroulée l’écriture du roman ?
Je ne me suis pas documenté. J’ai eu du plaisir à écrire cette histoire. J’avais le sentiment de quasiment écrire quelque chose que j’aurais pu lire avant un peu à la mode Jules Verne. C’est un peu comme l’histoire du naufrage sur une île et il va falloir reconstruire une société avec le peu de bien qui reste de l’épave du bateau. Il y a un côté assez enfantin que j’ai eu à écrire cela. Comment cela se passerait-il si moi-même, j’étais dans cette situation ? Ils mangent quoi ? Quel est leur loisir ? C’est une espèce d’exploration de ce monde-là. C’est l’objet de la première partie qui est une partie d’équilibre et après, il y a une deuxième partie qui est plus en déséquilibre. Je ne pouvais pas non plus me contenter de cette installation. J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire cette installation. Quand j’ai envoyé le manuscrit, j’ai enlevé des paragraphes entiers qui apportaient encore un peu plus à l’équilibre. Il s’agissait de saborder un peu tout ça, de réinstaller le rebond, réinstaller l’attention, le déséquilibre.
J’ai lu un texte de Roland Barthes concernant Jules Verne. Jules Verne est considéré comme étant l’écrivain de l’aventure. Mais il n’y a rien de moins aventurier que Jules Verne. En fait le dessein de Jules Verne dans chacun de ses bouquins, c’est de recréer un petit monde bourgeois que cela soit dans « Deux ans de vacances », dans « L’île mystérieuse » ou même dans le Nautilus. Le Nautilus cela n’a rien d’un bateau d’aventure, tout est en cocon. En fait, Jules Verne est un grand enfant. Son seul but, c’est de recréer le cocon auquel aspire tout enfant : un cocon protecteur une micro-société au sein de ce cocon sous l’œil bienveillant des parents. Moi-même, j’ai recréé un univers relativement bourgeois, j’ai un plaisir enfantin à le faire. Le texte de Barthes collait parfaitement à la situation.
Quel est le message ?
Il n’y a aucun message là-dedans. Évidemment ce qui m’intéressait, c’était de créer cette ambiguïté terrible. Il y a une ambiguïté dans cette relation d’amitié et il y a une ambiguïté dans ce lien envers cet endroit. C’est à la fois un endroit considéré comme plutôt un bel endroit dans lequel ils ont encore parfois beaucoup de plaisir à vivre et qui en même temps est un endroit très dangereux, potentiellement hostile pour la vie humaine. C’est ça qui m’intéressait. On entend souvent que la forêt de Tchernobyl n’a jamais été aussi belle, que depuis l’accident elle a repris tous ses droits. La main de l’homme ne fait plus rien, la nature se redéploye. C’est un présupposé, je ne suis pas allé à Tchernobyl revisiter. J’ai vu un reportage sur Tchernobyl et j’ai juste tiré une chose de ce reportage : des gens qui vivaient en périphérie de la zone interdite et ce bruit constant des chiens. Mais dans ce reportage, on ne voit jamais les chiens. On les entend. Et pour le roman, j’ai récupéré les chiens.
D’où vient le titre « Terres animales » ?
C’est un titre qui m’a été suggéré par mon épouse. C’est souvent elle qui trouve mes titres. Cela m’a plus immédiatement. J’ai trouvé que cela correspondait très bien à cette histoire. Il y a un côté d’incertitude dans le côté animal des choses. L’animal, qu’il soit sauvage ou même domestique, on ne peut pas prédire exactement quel va être son comportement. Il y a toujours cette part de doute (avec l’homme aussi). Mais en tout cas cette part de doute elle me plaisait dans ce titre. Pour moi il y a une beauté de l’animal, une part de peur aussi vis à vis d’un animal, presque de méfiance, de doute. L’ambiguïté correspondait parfaitement à l’histoire qui plus est en plus cela a une vraie signification géologique en lien avec le radium.
Mon fichier informatique, contenant le manuscrit du bouquin, a comme titre « Tcherno ». Mais je n’allais pas sortir un titre qui s’appelle « Tcherno ». Cela ne se passe pas forcément à Tchernobyl. Cela peut se passer un peu partout, là où il y a une centrale nucléaire à proximité.
Peut-on considérer cela comme une dystopie ?
Je ne l’ai pas écrit du tout dans l’esprit d’une dystopie. Que ce soit aux abords de Tchernobyl ou aux abords de Fukushima, vous avez des gens qui vivent dans ce genre d’endroits. Des gens vivent dans des endroits assez compliqués et vivent comme ça en acceptant les conditions de cette vie. Pour moi, ce n’est pas du tout une dystopie. Malheureusement, un accident nucléaire peut arriver. On a déjà eu deux exemples et le reste du monde ne s’est pas effondré. Le reste du monde est resté comme le monde dans lequel on vit aujourd’hui. Pour moi, ce n’est pas du tout une dystopie. Dans le roman « La route » les rares survivants ont tous un flingue et veulent tous se descendre. C’est une menace pour chacun, on est pas du tout dans ce genre de cas. Il y a quelques attributs de la dystopie. Dans le roman, j’ai mis quelques drones et j’ai clôturé la zone parce qu’évidemment, j’avais envie d’écrire comme un huis-clos. L’action m’intéressait parce qu’elle était dans ce huis-clos. Si les gars pouvaient sortir, je perdais mon huis-clos. J’étais bien obligé de les enfermer pour que mon idée de huis-clos fonctionne.
C’est donc une robinsonnade avec un peu de vaudeville.
Il y a le concept des naufragés qui reconstruisent quelque chose avec les restes du naufrage. Et puis il y a cette histoire d’ambiguïté, de regard assez trouble d’un couple sur l’autre. Je suis un grand fan de Philippe Djan. Il y est peut-être un peu pour quelque chose. Souvent, dans ses bouquins, il y a un attrait pour l’ex. C’est son ex, mais il ne la déteste pas complètement. C’est une histoire de pure fiction. Quand je l’ai démarré cette histoire, je ne savais pas du tout comment elle allait se terminer. J’allais écrire une histoire de cinq amis qui vivent en terre hostile, mais je me doutais bien qu’il fallait qu’il se passe un peu quelque chose qu’il y ait une tension. Cette tension, je me l’imaginais, mais je ne savais pas du tout qu’elle serait le vecteur de cette tension. J’avais cinq personnes que je voyais très très bien. J’avais un lieu relativement fort, hors du commun. Le rythme des Terres animales s’apparente beaucoup à « Ce qu’il faut de nuit », beaucoup moins à « Ainsi Berlin ».
« Ainsi Berlin », c’est une histoire de tunnel. Ce n’est pas l’élément majeur, mais cela a démarré comme ça.
Ce qu’il faut de nuit est radicalement différent. Est-ce que les enfants peuvent décevoir leurs parents ? « Les Terres animales » possède un double effet. C’est une histoire d’amitié et d’enfance.
Le décor interagit beaucoup. Mais cette histoire, j’aurais pu l’imaginer sur un voilier à la dérive. Il fallait un champ où les gens soient isolés suffisamment longtemps.
Mes histoires, je ne les démarre que si j’ai une thématique que si j’ai au moins deux personnages dont je vois la tension entre eux, il faut que je visualise au moins entre ces deux-là ce qui va se jouer : de l’amour de la méfiance, de l’exaspération, du respect, de l’admiration. Pour « Ainsi Berlin », j’ai compris très rapidement le lien entre Gerd et Guette. Ce sera un couple assez particulier avec un amour assez étrange qui est fait d’une certaine vénération de Gerd pour Guette, une femme qui n’est pas d’une très grande douceur, mais qui a parfois un élan. Une fois que vous vous dites, j’ai ce lien entre deux personnes au sein de ce couple plutôt bizarrement établi pour lancer le bouquin cela sera ceci le fil conducteur après cela n’empêche pas de créer un autre personnage. Dans « Ce qu’il faut de nuit » ,j’ai démarré avec le père et l’ainé. Le deuxième n’existait pas. Le démarrage de bouquin n’est pas toujours le même, mais on part des mêmes ingrédients.
(1) De Tiphaine Le Gall, Éditions La Manufacture des Livres
Bibliographie de Laurent Petitmangin :
La conjecture du K2 - Usque domine
La conjecture du K2 est avant tout l’histoire de ce Huit Mille à la frontière du Pakistan et de la Chine. Le deuxième sommet du monde. Le K2 tue les femmes. Les premières à l’avoir gravi sont désormais mortes. Shana le sait mais n’a pas le choix. Elle part avec deux équipiers, Elsen, atteint du syndrome d’Asperger et Hendrik, un survivant. Si l’on en croit les statistiques, un au moins ne devrait pas revenir.
Édiions Du Net, 1917
Ce qu’il faut de nuit
C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Une histoire d’amour.
Les années passent, et les enfants grandissent. Ils décident de ce qui est important pour eux, et la façon dont ils envisagent leur avenir. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses.
C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois êtres.
La Manufacture des livres, 2020
Prix Femina des lycéens, Prix Stanislas, Feuille d’or de la ville de Nancy, prix Georges-Brassens Grand prix du premier roman de ma Société des gens de lettres en 2020, lauréat du prix littéraire de l’ENS Paris-Saclay en 2021, prix des lecteurs du Livre de poche (littérature) en 2022
« Ce qu’il faut de nuit » a été adapté au cinéma sous le titre « Jouer avec le feu » film français réalisé par Delphine Coulin et Muriel Coulin en 2024. Il a été présenté en compétition à la Mostra de Venise 2024, où Vincent Lindon a remporté la coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine.
Ainsi Berlin
Après la guerre, dans les décombres de Berlin, Käthe et Gerd s’engagent dans la construction du monde nouveau pour lequel ils se sont battus. Ils imaginent un programme d’éducation grâce auquel les enfants des élites intellectuelles formeraient une génération d’individus supérieurs assurant l’avenir de l’Allemagne de l’Est. Mais quand Gerd rencontre Liz, une architecte américaine défendant corps et âme les valeurs du monde occidental, ses convictions commencent à vaciller…
La Manufacture des livres, 2021
Nos futurs désirables
Et si nous prenions de bonnes nouvelles du futur ? Si l’avenir ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, il est aussi porté par de nouvelles générations déterminées, prêtes à se retrousser les manches pour ne rien céder au pessimisme. C’est à elles qu’est donnée la parole dans ce recueil, qui réunit six écrivains professionnels et une relève pleine de talent. Sélectionnés dans le cadre d’un concours d’écriture en partenariat avec la biennale Ecoposs, six jeunes ont laissé leur créativité s’exprimer dans un seul objectif : imaginer un futur possible, et même souhaitable, pour la planète et l’humanité. Nos futurs désirables rassemble douze textes d’une singulière richesse qui nous invitent à aborder demain avec espoir.
Auteurs : Laurent Petitmangin, Rim Battal, Patrick K. Dewdney, Lucie Rico, Bertrand Vergely & Rachel Corenblit
La Manufacture des livres, 2022
Les Terres animales
ll y avait là de petites villes avec leurs églises, quelques commerces, des champs, et au loin, la centrale. C’était un coin paisible entouré de montagnes et de forêts. Jusqu’à l’accident. Il a fallu évacuer, condamner la zone, fuir les radiations. Certains ont choisi de rester malgré tout. Trop de souvenirs les attachaient à ces lieux, ils n’auraient pas vraiment trouvé leur place ailleurs. Marc, Alessandro, Lorna, Sarah et Fred sont de ceux-là.
La Manufacture des livres, mai 2023
Infiltré
Passé de l’autre côté du Mur, Dietrich pourrait cacher des choses et poursuivre secrètement un but. Aussi, ce n’est qu’après quelques mois en Europe qu’il part enfin aux États-Unis et intègre la prestigieuse université de Stanford. Il y goûte, avec une certaine insouciance, l’American way of life, découvre la vie d’un campus et gagne la confiance de deux camarades, Josh et Ray. Dans une vieille Buick décapotable, ils partent tous les trois visiter la Californie. Ses études dans un laboratoire sur les lasers l’amènent à retrouver sa mère, éminente scientifique qui avait fui la RDA, le laissant derrière elle pour émigrer en Amérique. Et puis il y a la rencontre avec Audrey dont il tombe amoureux. Ces retrouvailles, cette idylle, son expérience du confort de vie occidental le feront-ils dévier de son destin, de sa mission d’agent infiltré ?
Actes Sud Jeunesse, Collection Roman Ado, mars 2024
Voir la chronique du livre par Damien Dhondt :
https://www.sfmag.net/spip.php?article17996
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