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Scénario : Martin Bourboulon & Alexandre Smia, d’après 13 JOURS, 13 NUITS DANS L’ENFER DE KABOUL de Mohamed Bida
Avec : Roschdy Zem, Lyna Khoudri, Christopher Montenez, Side Babett Knudsen
Distribué par Pathé Dstribution France
112 mn - Sortie le 25 Juin 2025 - Note : 9/10
Un film de guerre made in France, mais qui n’a pas à pâlir de références de grandes références (récentes) du genre, signé d’un réalisateur qu’on n’attendait pas ici, emmené par un acteur qui donne toute la puissance de son art, ça existe. On en a eu d’autres quand même, ne serait que l’excellent « L’ennemi intime » de Florent-Emilio Siri, cité par les vétérans de cette guerre. Mais aujourd’hui, il faudra désormais compter dans nos références cet impressionnant 13 JOURS, 13 NUITS.
En 2021, à Kaboul, pendant le retrait des troupes américaines, les talibans rentrent dans la capitale pour s’emparer du pouvoir. Le quai d’Orsay ordonne l’évacuation de l’ambassade de France, et en charge de cette mission, le commandant Bida, témoin de la violence des talibans redevenus maitres des lieux, va organiser l’exfiltration de tous les ressortissants français via un convoi vers l’aeroport, au milieu des milices qui fouillent chaque véhicule à la recherche des traitres à leur cause, au milieu de milliers d’autres personnes qu ne veulent pas rester dans une ville redevenue pour eux une prison.
Basé sur le récit du Commandant Bida, 13 JOURS, 13 NUITS ne cherche pas l’esbrouffe, bien au contraire. Tout est vu de l’intérieur, des tensions, des peurs, de tous les dangers amenés par une situation dénuée de toute civilité, juste le retour d’un pouvoir extrême. Le moindre mot peut être fatal, un regard peut être une porte de sortie comme un passage vers l’enfer, et au milieu de tout ce pandémonium, des individus fous qui n’hésitent pas à se sacrifier pour blesser et meurtrir encore plus. Inutile de dire qu’on sort de ces deux heures lessivés, terrifiés, tendus et… Sans voix, quand on voit le courage face à ces heures de lutte pour survivre. On n’épargne pas l’hypocrisie de la diplomatie et du pouvoir, on n’épargne pas les fanatiques, on se retrouve juste au milieu des survivants, et là réside la plus grande force de ce film. En plus d’une recréation d’une population en panique, de personnes en sursis, de professionnels qui en viennent à douter. En maitre d’œuvre de l’odyssée de ces 13 jours et ces 13 nuits, Martin Bourboulon. Celui qui nous fit rire avec le dyptique « Papa & Maman », celui qui donna au cinéma français un des meilleurs films de 2021 avec le superbe et grandiose (si, si, perso, j’adore !) « Eiffel » qui prouva les qualités de nos techniques d’effets spéciaux au passage, et qui ressuscita avec succès « Les Trois mousquetaires », pouvait-il encore se surpasser ? Oui, et avec 13 JOURS, 13 NUITS, Martin Bourboulon grimpe encore des échelons et livre à ce jour son film le plus fort, le plus abouti, le plus impressionnant. Voilà, c’est tout, mais tout est dit.
Stéphane THIELLEMENT
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