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  Sommaire - Films -  S - Z -  SUBSTITUTION (Bring Her Back)
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"SUBSTITUTION (Bring Her Back)" de Danny Philippou & Michael Philippou

Scénario : Bill Hinzman Avec Sally Hawkins, Billy Barrat, Sora Wong, Misha Heywood, Jonah Wren Philips. Distribué par Sony Pictures Entertainment France - 99 mn - Sortie le 30 Juillet 2025 - Note : 10/10

Décidément, l’été 2025 est riche en fantastique, épouvante et horreur : après l’excellent « Dangerous Animals » et avant « Evanouis » et « Together », voici le nouveau film des frères Philippou, Danny & Michael, « Substitution ». Philippou, un nom qu’on garde en mémoire depuis 3 ans avec leur premier vrai film, l’horrifique « La Main », carton monstrueux avec presque cent millions de dollars pour un budget vingt-cinq fois moins élevé - le rêve de tout producteur quoi ! – pour cette histoire de passage entre le monde des vivants et celui des morts via une main embaumée qu’on doit serrer pour rencontrer l’au-delà. Aujourd’hui, avec « Substitution », les frangins vont encore plus loin – déjà que, à la revoyure, « La Main » ménage quelques scènes bien froidement flippantes ! -, fouillent dans le rituel satanique, dans le monde des morts encore et surtout dans la démence de certaines personnes définitivement meurtries en elles.

Après les décès successifs de chacun de leurs parents, Andy et sa jeune sœur aveugle Piper, sont placées dans un foyer, celui de Laura, qui aide les orphelins à retrouver un équilibre après plusieurs placements. Mais Laura a perdu elle aussi sa fille, et elle héberge aussi un enfant sauvage, Oliver. Et si au début, tout semble réuni pour le meilleur pour les 2 adolescents, Andy va commencer à se méfier, à trouver certaines attitudes de Laura plus que bizarres, à s’inquiéter de leur sort, et encore plus pour sa sœur qui semble définitivement plus intéresser Laura. Et en s’avançant dans ce relationnel étrange et pervers, Andy va découvrir une réalité démentiellement perverse, un voyage au plus profond de la folie au nom d’un amour extrême.

« Substitution » sera sans nul doute le choc horrifique de cette année, et également un des films les plus dérangeants et terrifiants qui soient. Commençant comme une histoire liée au satanisme, le film plonge dans le drame qui va partir en vrille, en pur cauchemar tel qu’on ne souhaiterait jamais en vivre ! Autant « La Main » possédait réellement un lien avec le surnaturel, ici, on flirte avec, on le côtoie, mais c’est surtout un quotidien malsain qui est celui de Laura sous couvert de bonté d’âme, laquelle s’avère être viciée, pervertie, complètement folle suite à la perte d’un amour immodéré et profond d’une mère envers sa fille disparue. Et tout comme dans « La Main », le fantastique est juste un acteur de l’histoire, le vrai sujet étant les liens filiaux dans une famille, la perte d’un proche dont on ne sait pas faire le deuil, et au point de sombrer dans une quête contre-nature pour retrouver ce line perdu. Mais « Substitution » va vraiment très, très loin : l’innocence n’existe plus, et n’a plus sa place, le jeune Oliver est un monstre malgré lui, celui qui donnera le plus de terreur à toute cette histoire, et la jeunesse n’est pas épargnée, la folie schizophrénique et perverse des uns et des autres ne laissant aucune place à l’humour et au happy-end. Tout cela est remarquablement mis en place et entretenu tout au long du film par les frères Philippou qui confirment leurs talents dans le genre, « La Main » n’étant pas un premier bon film qui ne débouche sur rien. Certes, il y a des points communs, mais ce n’est pas une nouvelle vision sur des bases similaires, « Substitution » est bel et bien un film d’horreur qui parvient malgré tout à inclure un peu d’émotion, de pitié, de chagrin, sans pour autant effacer la terreur générée tout au long de ce voyage en enfer. Car, en plus, même si tout cela est réel, le tour de force est d’arriver à nous mettre face à ce choc final : le pire de l’humain n’est-il pas le seul créateur du Mal, au point de le faire exister en tant que tel. Rarement un film aura été aussi loin dans la description de la démence humaine, rarement il y aura réussi au-delà de tout ce qu’on pensait.

Stéphane THIELLEMENT

www.alainpelosato.com



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