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Le Voyage dans la lune de Georges Méliès (1902),
Méliès a tout inventé dans ce film magique devenu célèbre par l’image de la lune avec la fusée plantée dans son œil qui pleure !
Il faut savoir que Méliès n’a pas réussi à embaucher des acteurs, les comédiens de théâtre se refusaient à jouer pour le cinéma considéré comme un concurrent mortel. Le réalisateur (qui a inventé les effets spéciaux) a donc embauché des gens du cirque.
24 H chez les Martiens (Rocketship XM) de Kurt Neumann (1950)
Assez amusant. Très plaisant.
16 minutes avant le décollage les cosmonautes font une conférence de presse.
Film très kitsch. Le voyage est très ringard, le vaisseau dirigé avec de grosses manettes.
À l’image de John Carter (héros du cycle de Mars d’ER Burroughs, bientôt au cinéma), ils devaient aller sur la Lune, mais vont sur Mars où une guerre nucléaire a détruit la civilisation. Superbe !
La pellicule est teinte en rouge sur la partie relatant le séjour sur Mars.
Ce film avait été vu à la télé en France. À l’époque on m’avait raconté l’histoire de cette façon (le film était en anglais non sous-titré…) : « Ils sont allés sur la Lune et comme les Terriens avaient bombardé la Lune avec des bombes atomiques, les gens de là-haut étaient tout rongés par la radioactivité… »
Project Moonbase de Richard Talmadge (1953)
On est en pleine guerre froide. Une station spatiale est construite. C’est une étape pour se rendre sur la Lune. Pour défendre le monde libre.
Les méchants ont l’air bien méchants (c’est pas si facile que c’en a l’air…) et tout le monde fume beaucoup.
Un réseau clandestin de terroristes (enfin, sans doute les services secrets soviétiques, mais ce n’est pas dit dans le film…) enlève un prof qui doit participer au voyage et le remplace par un sosie qui a pour mission de détruire la station spatiale.
Très amusant. La guerre froide a alimenté de délicieux films de science-fiction. On lui doit beaucoup pour ça.
Le Monstre de Val Guest (1955).
Il n’est pas ici question de conquête de la Lune. Mais ce film pose d’avance un problème qui sera vécu par les astronautes qui sont allés sur la Lune. Ils n’en sont pas revenus indemnes ! Ils sont les premiers à avoir affronté ce qu’ils appellent le deep space, l’espace profond. Buzz Aldrin et Charles Duke ont sombré dans la dépression et l’alcoolisme. Neil Amstrong s’est renfermé sur lui-même et d’autres ont fait des expériences mystiques…
Revoir ce film, Le Monstre, c’est voir avant l’heure un problème encore insoupçonné en 1955 !
Ce film sut aussi me terroriser lorsque j’étais enfant. Le cosmonaute revenu de l’espace se transforme petit à petit en monstre qui absorbe toute matière vivante, même les cactus. Terreur de l’immensité du cosmos, toujours... Et terreur de la transformation physique comme Lovecraft l’a bien exprimée dans le Cauchemar d’Innsmouth, nouvelle qui semble avoir inspiré ce film, le premier de la Hammer.
Suites, toujours avec le professeur Quatermass : en 1957 La Marque de Val Guest, et en 1967 : Les Monstres de l’espace par Roy Ward Baker. Dans tous ces films, on rencontre l’ambiance de l’œuvre de Lovecraft.
From the Earth to the Moon (De la Terre à la Lune) de Byron Haskin (1958)
D’après l’œuvre de Jules Verne. Film en très belles couleurs.
Barbicane découvre une source d’énergie, la puissance X qui permettra d’envoyer un projectile sur la Lune !
Le film développe le projet industriel, les problèmes économiques et politiques. C’est une gloire à l’industrie, l’industrie lourde ! Les temps ont changé…
Le laboratoire est rudimentaire, comment souvent dans les films de science-fiction de l’époque.
Il y a une petite histoire d’amour.
La vraisemblance scientifique est nulle, mais c’est normal, c’est du Jules Verne…
Ensuite on nous montre le voyage qui se déroule malgré le sabotage.
Sur le plan politique, il est question d’utiliser la puissance X comme force de dissuasion en la donnant à tout le monde ! Si tout le monde l’a personne, n’osera l’utiliser.
Puis le projectile habité se met en orbite autour de la Lune sur laquelle, croyaient-ils, il y aurait une atmosphère !
Missile to the Moon de Richard Cunha (1958)
Deux évadés de prison se réfugient… dans une fusée destinée à se rendre sur la Lune. Le constructeur de la fusée les enrôle pour la piloter (!). Parce que le gouvernement voulait l’empêcher de partir.
Marrant, hein ?
Et ce n’est pas tout !
Ils emmènent par erreur deux passagers clandestins : l’associé de l’inventeur et sa fiancée.
La fusée s’envole vers la Lune. Elle rencontre l’inévitable et cruel nuage de météorites. L’un des deux évadés est très méchant. Il convoite la fiancée et réussit à l’embrasser. Elle n’a pas l’air de dire non dites donc ! Souvent les femmes sont cucul dans ces films américains des années 50…
Ils arrivent sur la Lune où ils sont accueillis par des monstres de pierre et plein de belles filles. Toutes ces filles sont jouées par des miss France et d’autres pays, nous apprend-on au générique…
C’est dommage qu’on voie de l’herbe et des buissons sur la Lune à l’extérieur (car dans la caverne il y a de l’air produit par les Amazones)… D’autre part, comme il n’y a pas d’atmosphère sur la Lune, on ne devrait pas y entendre les coups de feu…
Toujours très amusants ces films. À voir absolument pour comprendre l’histoire du cinéma.
Le Baron de Crac de Karel Zeman (1962)
Film tchèque.
Quelques images d’animation délicieuses pour montrer l’évolution de la civilisation jusqu’au voyage dans la Lune.
Le cosmonaute met en route un phonographe, mais ils ne savent pas que le son ne se transmet pas sur la Lune qui n’a pas d’atmosphère. Puis ce sont les personnages de l’œuvre de Jules Verne qui partent. Puis même Cyrano de Bergerac.
Le baron de Crac prenant le cosmonaute pour un sélénite le ramène sur Terre avec son « vaisseau ». Ils atterrissent aux pieds du Palais du Sultan de Turquie.
Puis, ils vont libérer la belle captive du méchant Sultan.
Oui, tout cela est un peu niais…
Une espèce de Baron de Münchhausen, en moins bien.
Les Premiers hommes sur la Lune de Nathan H. Juran (1964), un savant invente une substance qui inverse la gravité. Il l’utilise pour aller dans la lune où les voyageurs font connaissance avec le peuple de là-haut. Ces « gens » ressemblent à des insectes.
Mutiny in outer Space de Hugo Grimaldi (1965)
Ce film commence par aborder le problème des déchets spatiaux. Quelle plaie !
Il y a, comme toujours, une belle fille, même deux belles filles.
Un vaisseau revient de la Lune avec des échantillons de glace. Il rejoint la station spatiale. Le copilote a des démangeaisons. Il a une espèce de mycose à la jambe.
Il y a une mycose mortelle dans les échantillons de glace provenant de la Lune. Le commandant de la station spatiale devient fou (mal de l’espace !) et l’épidémie se répand dans la station.
Quelle catastrophe !
Très chouette film ! Dommage que les monstrueuses mycoses soient très nulles.
Tykho Moon de Enki Bilal (1996). N’ayons pas peur de le dire : le cinéma fantastique français a parfois du mal à convaincre...
Moon de Duncan Jones (2009)
Film sortie directe en DVD. Dommage.
La planète Terre est sauvée du désastre écologique grâce à la fusion nucléaire rendue possible et peu coûteuse avec l’utilisation de l’Hélium 3 (He3) très présent sur la Lune, ce qui est vrai et prouvé à l’heure actuelle.
Un type gère tout seul la base lunaire qui extrait l’He3. Et il le fait pendant trois ans sans interruption en compagnie d’un robot.
Mais… il finit par se trouver seul face à lui-même peu de temps avant la relève. Sous l’œil indifférent du robot de service.
Mais pourquoi se retrouve-t-il face à lui-même ? Qui est l’autre “lui” ?
Superbe scénario, surprenant. Bien filmé, effets spéciaux magnifiques.
Film intellectuel dans le bon sens du terme, à voir absolument.
Petit cours de physique quantique : la fusion nucléaire (celle qui fait brûler le soleil et les étoiles, et qui fait fonctionner la bombe H) est classiquement la fusion de deux atomes d’hydrogène. L’hydrogène possède un proton seulement. Mais il y a des isotopes de l’hydrogène : le deutérium qui possède en plus un neutron, et le tritium qui en possède deux de plus et des isotopes de l’Hélium, comme l’Hélium 3, le chiffre 3 indique que cet hélium possède deux protons et un neutron alors que l’Hélium “normal” possède deux protons et deux neutrons. Ce qui fait que l’Hélium 3 est très réactif sur le plan nucléaire ! La fusion de l’Hélium 3 est très énergétique et absolument propre, elle n’émet qu’un proton, soit le noyau de l’atome d’hydrogène !Si on arrivait à extraire tout l’He3 qui est sur la Lune tous nos besoins en énergie seraient satisfaits et de manière très propre…
Appolo 18 de Gonzalo Lopez-Gallego (2011)
Filmé en « immersion », c’est-à-dire comme si on y était. La nouvelle mode du cinéma. Donc c’est un peu ennuyeux, mais ce film mérite un peu d’ennui, car il est excellent.
Cette mission Appolo secrète est envoyée sur la Lune. L’équipage va être confronté à des extraterrestres lunaires qui s’identifient à la roche et qui vont investir leur corps.
Transformers 3 : la face cachée de la Lune de Michael Bay (2011)
Connaissez-vous la véritable motivation des Américains pour se lancer dans la conquête de la Lune ? Ce film le dévoile.
En effet, sur Cybertron, la guerre a fait rage entre Decepticons et Autobots qui, au moment de perdre, ont détaché un vaisseau contenant une cargaison secrète. Cet astronef s’écrasa sur la Lune en 1961. Américains et Russes détectèrent l’impact et la course à la lune fut ainsi lancée. En 1969, la mission Apollo 11 finit par découvrir hors caméras les restes du vaisseau, ignorant l’Autobot qui y sommeille. Aïe !
Impossible de résumer les péripéties terriennes (et lunaires) de ce film foisonnant. Au début, on a même du mal à savoir qui est qui, et qui fait quoi… Les effets spéciaux sont « hénaurmes » et Michael Bay est toujours aussi efficace.
Mais faut aimer. Et faut aimer Shia LaBeouf qui en fait toujours autant et la jolie Rosie Huntington-Whiteley (pour un peu elle a failli s’appeler Whateley !)
Iron Sky de Timo Vuorensola (2012)
Sortie en DVD le 18 février 2013
Prologue surprenant !
Vous savez que la Lune contient énormément d’Hélium 3, ce très précieux isotope de l’Hélium ? Si on le possédait en suffisamment de quantité (il est quasi inexistant sur Terre) on pourrait envisager une fusion nucléaire propre et sans danger, une ressource d’énergie inépuisable !
Un humour décapant et plein de significations : le président des USA est une femme. Le spationaute US fait prisonnier par les nazis sur la Lune est un Noir. Et le mot d’ordre pour la mission lunaire : « Can ! Yes we can ! » Quelle auto dérision !
Le discours raciste est ridicule (mais c’est justement fait pour rire !)
On a donc affaire avec ce film à du steampunk uchronique parodique. Unique dans l’histoire du cinéma !
Le scénario est plein de rebondissements. Très osé. Très Destroy. Yeeep !
Comme disait le personnage joué par Orson Welles dans Le Troisième homme : « Regardez en bas, si loin, les hommes n’ont pas plus d’importance que des fourmis. »
Ce film aurait mérité une sortie en salles. Mais il est trop anar !
C’est aussi un hommage au film Le Dictateur de Charlie Chaplin.
Alien War : Stranded de Roger Christian (2013)
Une base lunaire est frappée par une pluie de météorites qui ne peut plus joindre la Terre.
Les cosmonautes ramènent dans la base un gros caillou, un météorite, pour l’analyser.
Aïe, pas de bol : il y a une femme dans l’équipe. Elle est donc « fécondée » par des spores provenant de la météorite et engendre un monstre.
On avait vu pas mal de films avec le même thème.
Y a de l’ambiance.
La fin peut déplaire, mais on fait ce qu’on peut…
Et voilà ! Et Jules Verne ? Me direz-vous.
En effet il a écrit deux romans sur la conquête de la Lune. On ne peut pas dire qu’il ait fait preuve de beaucoup d’imagination avec son canon tirant un obus/astronef ! D’autre part, toute l’activité de nos héros dans le vaisseau spatial est bourrée d’erreurs techniques et scientifiques… Au contraire d’H. G. Wells, qui lui, ne s’est pas inquiété de respecter les règles de l’art de son époque, et a inventé un truc antigravitationnel. Il n’a pas eu peur non plus, contrairement à Jules Verne, de faire alunir son vaisseau et de confronter les terriens avec des sélénites…
Mais revenons à Jules Verne. Certains se sont essayés à faire un film de la « conquête » de la Lune selon Jules Vernes. Je vais citer ceux qui sont venus à notre connaissance, mais je ne les ai pas vus…
Excursion dans la Lune de Sergundo de Wallace (1908)
De la Terre à la Lune de Byron Haskin (1958) (voir chronique ci-dessus)
Le Grand départ vers la Lune de Don Sharp (1967)
Alain Pelosato
Ces chroniques ont été extraites de mon livre « 123 ans de cinéma fantastique et de SF – essais et données pour une histoire du cinéma fantastique – 1995-2019 ». Pour l’acheter : http://www.sfmag.net/sfm/CFsf2019.htm
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